Cinq ans après son élection à la FECAFOOT, le cap reste fixé sur la refondation du football camerounais
Élu le 11 décembre 2021 à la tête de la Fédération Camerounaise de Football, Samuel Eto’o Fils a fait de l’audace et de la détermination ses marqueurs de gouvernance. Trois ans plus tard, son bilan se lit à travers un prisme contrasté : des réformes structurelles engagées, des résistances institutionnelles rencontrées, mais une ambition pour le football camerounais qui, sur le plan du droit, de la forme et des résultats sportifs, reste intacte.
UN PROGRAMME CLAIR DES L'ARRIVÉE
Dès son discours d’investiture, l’ancien capitaine des Lions
Indomptables a posé les bases de son mandat : assainir la gouvernance,
professionnaliser les championnats, sécuriser les acteurs du football et
redonner au Cameroun son rang sur la scène internationale.
Le leitmotiv : remettre
le football au centre, avec transparence et rigueur.
L’AUDACE DES REFORMES DE FORME
Sur la forme, la FECAFOOT version Eto’o a misé sur la
professionnalisation. Revalorisation des subventions aux clubs d’Elite One et
Two, lancement du tournoi “Mtn Elite One” avec un cahier de charges plus
strict, digitalisation de certaines procédures, lutte contre les matchs truqués
avec cellule d’éthique renforcée.
L’objectif affiché : aligner le championnat
local sur les standards modernes, même si la mise en œuvre a connu des
ajustements.
LE DROIT COMME BOUSSOLE
Sur le plan du droit,
le mandat a été marqué par des bras de fer institutionnels. Conflits de
compétences avec le ministère des Sports, contentieux devant le TAS, débats sur
les prérogatives de nomination des sélectionneurs.
Malgré ces déconvenues
juridiques et politiques, la fédération a maintenu sa ligne : défendre
l’autonomie des fédérations sportives telle que garantie par les statuts de la
FIFA et les lois camerounaises. Cette posture a parfois crispé, mais elle
traduit une volonté de clarifier le cadre légal du football national.
Des résultats sportifs à l’actif
Sur le terrain, les résultats viennent nourrir l’ambition.
Sous ce mandat, les Lions Indomptables ont disputé la CAN 2021 organisée au
Cameroun, atteint les 8es de finale de la Coupe du Monde Qatar 2022 avec une
victoire historique face au Brésil, et qualifié les sélections jeunes pour
plusieurs compétitions internationales. Au niveau des clubs, la
professionnalisation vise des performances plus régulières en compétitions
interclubs africaines.
Une ambition qui tient malgré les obstacles
Nonobstant les critiques, les sanctions, les polémiques
médiatiques et les tensions institutionnelles, le cap fixé en décembre 2021 ne
semble pas dévier.
L’ambition demeure : un football camerounais gouverné par le
droit, structuré dans sa forme, compétitif dans ses résultats.
Loin d’un plaidoyer partisan, le constat s’appuie sur les faits d’un mandat en cours : un président qui a choisi d’appliquer un programme de rupture, quitte à essuyer les tempêtes que génère toute réforme de fond.
Droit – Forme – Résultats :
c’est sur ce triptyque que Samuel Eto’o continue d’adosser
son action à la tête de la FECAFOOT, avec l’idée que refonder prend du temps,
mais que l’ambition ne se négocie pas.
Tristan Ndongo



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