À l’approche des fêtes de fin d’année, la question de la gestion des ordures ménagères est au centre de toutes les tensions dans la capitale politique. Face au Préfet du Mfoundi, aux Sous-préfets, au Maire de la Ville et aux Maires d’arrondissement réunis en urgence, le Directeur Régional de HYSACAM, Garba Ahmadou, est sorti du silence. Entre révélations budgétaires, livraison imminente d'équipements neufs, innovations technologiques et mise en garde sur la sécurité à la décharge de Nkolfoulou, le patron régional du géant de la salubrité a livré le vrai son de cloche.
La réponse opérationnelle avec 32 nouveaux camions pour soulager Yaoundé
Pour permettre aux populations de passer des fêtes dans la propreté, HYSACAM passe à l’offensive. M. Garba Ahmadou a officialisé la commande nationale de près de 300 camions neufs, dont plus d’une centaine ont déjà été embarqués pour le Cameroun.
Pour la seule ville de Yaoundé, ce sont 32 camions flambant neufs qui viendront renforcer la flotte actuelle de 90 véhicules, à bout de souffle face à l'immensité de la tâche. Ce renfort logistique vise à garantir un ramassage plus fluide et à résorber les points noirs avant les pics de consommation de décembre.
Le chiffre qui tue : 2 000 tonnes par jour pour seulement la moitié du budget requis
Abordant la question cruciale des volumes non collectés soulevée par les autorités administratives, Garba Ahmadou a posé les chiffres de l'équation sur la table.
Chaque habitant de Yaoundé produit en moyenne 600 grammes de déchets par jour, ce qui représente un gisement minimum de 2 000 tonnes de déchets quotidiens pour une population estimée à 3 millions d'habitants.
Chaque habitant de Yaoundé produit en moyenne 600 grammes de déchets par jour, ce qui représente un gisement minimum de 2 000 tonnes de déchets quotidiens pour une population estimée à 3 millions d'habitants.
Pour assurer une propreté intégrale et enlever la totalité de ce volume, une enveloppe minimale de 15 milliards FCFA par an est indispensable. Or, les ressources actuellement allouées par l'État et la Communauté Urbaine s'élèvent à peine à 8 milliards FCFA, soit environ la moitié des besoins réels.
« Avec la moitié du budget nécessaire, nous sommes contraints de rationaliser, d'adapter et d'organiser la collecte en fonction des moyens disponibles », a fait comprendre le Directeur Régional, remettant ainsi chaque acteur devant ses responsabilités financières.
« Avec la moitié du budget nécessaire, nous sommes contraints de rationaliser, d'adapter et d'organiser la collecte en fonction des moyens disponibles », a fait comprendre le Directeur Régional, remettant ainsi chaque acteur devant ses responsabilités financières.
Réorganisation de la collecte : Fin des bacs incontrôlés et virage numérique
Pour optimiser ces moyens limités, M. Garba Ahmadou a annoncé un changement paradigmatique dans la cartographie du ramassage à travers une segmentation de la ville en trois zones distinctes.
Les zones résidentielles comme Bastos verront la suppression progressive des bacs fixes au profit de la collecte porte-à-porte, les zones semi-résidentielles recevront des bacs plastiques codifiés, tandis que les zones d'accès difficile et quartiers populeux conserveront des bacs de regroupement stratégiques.
Les zones résidentielles comme Bastos verront la suppression progressive des bacs fixes au profit de la collecte porte-à-porte, les zones semi-résidentielles recevront des bacs plastiques codifiés, tandis que les zones d'accès difficile et quartiers populeux conserveront des bacs de regroupement stratégiques.
Sur le plan technologique, l'entreprise déploie l'Application Citoyenne, déjà opérationnelle, qui permettra à chaque citoyen de suivre en temps réel depuis son téléphone la position géolocalisée du camion affecté à son quartier. De plus, un système de puces électroniques installées sur les bacs signalera automatiquement le niveau de remplissage aux équipes logistiques dès qu'un seuil critique sera atteint.
Incivisme et pré-collecteurs : HYSACAM pointe du doigt les déversements sauvages
Répondant aux griefs sur les amoncellements autour des bacs, le Directeur Régional a indexé le rôle néfaste des pré-collecteurs informels. Bien qu'identifiés et informés des horaires de passage des camions dans les arrondissements, nombre d'entre eux vident le contenu de leurs poussettes à côté des bacs au lieu d'y déverser les déchets, bloquant ainsi l'accès aux ménages.
M.
Garba Ahmadou a cité en exemple les dépôts sauvages récurrents aux encablures de l'École de Police à Yaoundé 2ème, ayant suscité la réaction des services de la Sûreté Nationale, tout en réaffirmant la demande de soutien faite aux maires pour encadrer ces acteurs.
Garba Ahmadou a cité en exemple les dépôts sauvages récurrents aux encablures de l'École de Police à Yaoundé 2ème, ayant suscité la réaction des services de la Sûreté Nationale, tout en réaffirmant la demande de soutien faite aux maires pour encadrer ces acteurs.
Accès à la décharge de Nkolfoulou : Le manifeste et la sécurité sanitaire avant tout
Enfin, recadrant les velléités de certaines mairies d'arrondissement d'envoyer leurs propres camions déverser directement leurs ordures sur le site de Nkolfoulou, le patron régional de HYSACAM s'est montré intraitable : aucun camion n'entrera sans manifeste de traçabilité.
Évoquant le précédent dramatique survenu à Douala, où une entreprise avait déversé des déchets toxiques et dangereux dans la décharge municipale, Garba Ahmadou a rappelé la responsabilité pénale et environnementale qui pèse sur HYSACAM.
« On ne peut pas laisser la décharge à la merci de tout le monde. Sans manifeste identifiant l'origine et la nature des déchets, nous refusons l'accès. La solution est que les mairies utilisent des zones de transit et points de regroupement.
C'est ensuite à HYSACAM d'assurer le transfert sécurisé vers Nkolfoulou. »
« On ne peut pas laisser la décharge à la merci de tout le monde. Sans manifeste identifiant l'origine et la nature des déchets, nous refusons l'accès. La solution est que les mairies utilisent des zones de transit et points de regroupement.
C'est ensuite à HYSACAM d'assurer le transfert sécurisé vers Nkolfoulou. »
À travers cette intervention ferme et structurée, le Directeur Régional Garba Ahmadou aura permis de clarifier le rôle de chaque partie prenante : HYSACAM renforce ses équipements et digitalise ses services, mais exige en retour le respect strict des protocoles de sécurité à la décharge, une gestion rigoureuse de la pré-collecte et un alignement progressif des ressources financières sur les réalités démographiques de la capitale.
Line TCHAKOUNTE




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