Dans un paysage administratif souvent habitué au confort des promesses incantatoires et au ronronnement des bilans comptables, le quatrième anniversaire du Dr Blaise Moussa à la direction générale de la Cameroon Water Utilities Corporation détonne. Installé le 30 septembre 2022 avec une feuille de route bien précise du Chef de l'État, S.E.

Paul Biya, l'Inspecteur Principal des Impôts a choisi de substituer la rhétorique par la matérialité des faits. La récente injection, ce samedi 27 septembre 2026, de 20 000 mètres cubes d'eau potable supplémentaires par jour dans les conduites de la ville de Douala constitue le dernier acte d'une doctrine managériale où le terrain fait office de seule boussole légitime.

Il y a quatre ans, la prise de commande s'effectuait dans un climat de tension structurelle.

Entre vétusté des équipements de refoulement, créances impayées et insatisfaction grandissante des usagers, l'entreprise publique oscillait entre contraintes financières et défis opérationnels. Plutôt que de s'enfermer dans l'attentisme des séminaires ou de rejeter la responsabilité sur le poids du passé, le top management a fait le choix de la méthode forte : une discipline budgétaire sans concession couplée à un redéploiement tactique sur l'ensemble du réseau national.

Une ingénierie de crise au service du quotidien

L'opération menée le week-end dernier à Douala illustre cette rupture de style.

En activant la première phase du système de refoulement depuis la station de Japoma, ce sont 20 millions de litres d'eau potable qui ont directement abreuvé les ménages des 3ème et 5ème arrondissements. L'événement ne relève pas du miracle administratif, mais d'une planification rigoureuse visant à pousser la capacité du site de Japoma de 55 000 à 123 000 m³ quotidiens, tout en sécurisant la production par de nouveaux forages industriels de 17 000 m³/jour.

Cette approche pragmatique s'observe avec la même intensité dans la capitale politique et ses zones d'extension.

De la mobilisation de 10 milliards de FCFA pour la sécurisation de l'axe Yaoundé-Obala-Batchenga au raccordement des quartiers périphériques comme Etoug-Ebé et Nkolndom via le projet Paepys, la réponse technique s'attache à rattraper le retard d'urbanisation. À Mfou, où le débit quotidien s'est apprécié de 2 500 m³ pour culminer à 3 500 m³, les faits parlent d'eux-mêmes.

Le terrain comme laboratoire de décision

L'autre singularité de ce quadriennat réside dans le refus de la distanciation hiérarchique.

Les descentes inopinées du Directeur Général, sans cortège encombrant ni annonce préalable, sur les installations stratégiques d'Akomnyada, de Mballa 2 ou dans les représentations régionales de l'Extrême-Nord, du Littoral et de l'Est, ont fini par imposer une nouvelle culture de l'urgence parmi les équipes d'intervention.

Sur le théâtre des opérations, cette proximité physique avec l'ouvrage hydraulique transforme la réactivité administrative. Traquer les fuites invisibles, neutraliser les piquages clandestins qui saignent le réseau et écouter sans filtre les usagers locaux font désormais partie de la routine managériale.

La proximité cesse alors d'être une posture de communication pour devenir un outil d'audit en temps réel.

La justice sociale, cap ultime des Grandes Réalisations

Pour le Dr Blaise Moussa, l'alignement sur la vision du Chef de l'État réside dans la capacité à préserver l'équité sociale tout en redressant les indicateurs financiers. Le portage du budget 2025 à 96,8 milliards de FCFA s'est accompli sans pénaliser le consommateur : la grille tarifaire est demeurée intacte, le coût des branchements sociaux est resté sanctuarisé à 117 000 FCFA avec échelonnement des paiements, et la campagne massive des 200 000 nouveaux branchements continue sa progression.


Au moment d'aborder sa cinquième année d'exercice, le top management de la Camwater ne célèbre pas un achèvement, mais un cap d'étape. Dans une logique de continuité républicaine, le défi reste d'assainir définitivement le rendement des conduites, de généraliser la numérisation des services et d'assurer une desserte régulière. Une ambition qui prouve que lorsque la rigueur technique rencontre la volonté politique, le service public retrouve sa vocation première : servir les citoyens avec efficacité.


Line TCHAKOUNTE