C’est dans une salle comble de L'hotel yaahot de Yaoundé au Cameroun que s’est tenu, ce 28 avril 2026, un atelier national d’apprentissage sur l’entrepreneuriat dédié aux jeunes de la Commune d’Arrondissement de Yaoundé 6. Articulée autour du thème « Échecs, résilience, accompagnement-conseils, efficacité, gain, profit et leadership », la rencontre financée par Mme Virginie Simone Ngah, deuxième adjointe au Maire, a offert des méthodes concrètes pour bâtir des entreprises viables et faire de chaque revers un tremplin vers la performance.

Une réponse municipale à l’urgence de l’auto-emploi

L’initiative porte la signature de Mme Virginie Simone Ngah, deuxième adjointe au Maire de Yaoundé 6, qui a entièrement financé les travaux.

Par cet engagement, l’élue locale confirme sa volonté de faire de l’entrepreneuriat un axe stratégique de développement communal. « Investir dans la jeunesse, c’est préparer l’avenir de notre commune et de notre pays », a-t-elle affirmé à l’ouverture. Pour elle, les idées ne manquent pas chez les jeunes, mais l’absence de méthode et d’encadrement freine leur concrétisation.

L’atelier vient ainsi combler un vide en proposant une formation gratuite, des outils pratiques et un accès direct à des réseaux professionnels.

Six fondations pour forger des entrepreneurs résilients

Les échanges ont été structurés autour de six piliers jugés indispensables à la création d’activités pérennes. Les formateurs ont d’abord déconstruit la peur de l’échec, présenté comme une étape normale du parcours entrepreneurial.

« Un entrepreneur qui n’a jamais échoué n’a jamais vraiment osé », ont-ils martelé, invitant les participants à analyser chaque chute pour mieux rebondir. 

La résilience a ensuite été abordée comme une compétence à muscler. Il s’agit de développer la force mentale nécessaire pour encaisser les chocs du marché, surmonter les blocages administratifs et maintenir le cap malgré la pression sociale.

 

Le troisième axe, l’accompagnement-conseils, a mis en lumière l’importance du mentorat, des incubateurs et des cercles d’affaires. Les experts ont démontré que s’entourer réduit drastiquement les erreurs de débutant et accélère la montée en compétences. 

L’efficacité a fait l’objet d’ateliers pratiques sur la gestion du temps, l’allocation des ressources et la priorisation des actions à fort impact.

L’objectif affiché est de passer rapidement de l’idée à l’exécution sans s’éparpiller. 

Les modules consacrés au gain et au profit ont replongé les jeunes dans les fondamentaux de la gestion financière. Fixer ses prix, comprendre sa marge, suivre sa trésorerie et sécuriser sa rentabilité ont été présentés comme des réflexes de survie pour toute jeune entreprise.

 

Enfin, le leadership a été défini comme la capacité à incarner une vision, à mobiliser une équipe et à inspirer confiance aux clients, aux partenaires et aux institutions de financement.

Des récits de vie pour briser les tabous  

Loin des discours théoriques, l’atelier a donné la parole à des entrepreneurs locaux qui ont partagé leurs parcours sans détour. Entre faillites assumées et succès construits dans la douleur, les témoignages ont servi de miroir aux participants.

Armand, 27 ans, aujourd’hui à la tête d’un atelier de transformation agroalimentaire, a raconté ses deux fermetures avant de trouver la bonne formule. « Cet atelier me confirme que l’échec n’est pas la fin », a-t-il confié, déclenchant une vague d’approbation dans la salle. Ces échanges ont renforcé une conviction : la persévérance, adossée à un accompagnement de qualité, change la trajectoire d’un projet.


Du savoir à l’action : un suivi post-atelier pour des résultats mesurables

Au terme des travaux, les jeunes sont repartis avec des fiches techniques, des modèles de plan d’affaires simplifiés et un répertoire de structures d’appui. Pour garantir l’impact, un comité de suivi sera mis en place afin d’encadrer les porteurs de projets issus de l’atelier et d’évaluer leurs progrès sur les prochains mois. Mme Virginie Simone Ngah a annoncé que cette première édition en appelle d’autres.

« Yaoundé 6 regorge de talents. Notre rôle est de leur donner la clé pour ouvrir les portes de l’entrepreneuriat », a-t-elle conclu.

L’initiative, saluée comme une opportunité rare de formation et de réseautage, s’aligne sur la dynamique nationale de lutte contre le chômage des jeunes.

Elle rappelle qu’avec de la résilience, des conseils avisés et une culture du leadership, l’échec devient une étape, et le profit, une destination atteignable.

Line TCHAKOUNTE