Le sacre historique des Lionnes Indomptables à la CAN féminine 2026 continue de susciter des réactions au Cameroun. Au-delà de la performance sportive, la présence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, envoyé par le Président de la République auprès des championnes, interroge sur le message ins
Les Lionnes championnes, le Cameroun célèbre,
Le Cameroun peut être fier de ses Lionnes Indomptables.
Après leur victoire en finale, les joueuses ont offert au
pays un sacre continental qui restera dans les annales du football féminin
camerounais. Une performance qui vient rappeler que lorsque les talents
camerounais disposent d'un environnement propice, ils sont capables de porter
haut les couleurs nationales.
Mais cette victoire ne concerne pas uniquement les joueuses. Elle appartient également au staff technique, aux dirigeants de la Fédération camerounaise de football et à tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à cette réussite.
Le Premier ministre en mission : un choix qui interpelle
La décision du Président de la République, S.
E. Paul Biya,
de dépêcher le Premier ministre, Chef du Gouvernement, auprès des championnes
constitue un geste institutionnel particulièrement fort.
Certains y voient davantage qu'une simple représentation
protocolaire.
Dans un contexte où la gouvernance du football camerounais a été marquée par des désaccords entre la FECAFOOT et le ministère des Sports, cette mission peut être interprétée comme un rappel : le football camerounais doit fonctionner dans le respect des textes, des compétences et des institutions.
Le Premier ministre était accompagné du ministre des Sports
et de l'Éducation physique. Mais l'image institutionnelle de cette mission,
placée sous l'autorité directe du Chef du Gouvernement et porteuse du message
présidentiel, n'a évidemment pas manqué de susciter des interrogations.
FECAFOOT-Ministère : faudra-t-il enfin tourner la page des querelles ?
Depuis plusieurs mois, la gestion des Lions Indomptables a été au cœur de nombreuses controverses.
La question de la nomination de l'encadrement technique, des prérogatives respectives du ministère et de la FECAFOOT ainsi que la préparation de l'équipe nationale ont donné lieu à une véritable bataille institutionnelle.
Ces tensions ont également nourri les débats après la
non-qualification du Cameroun pour la Coupe du monde 2026.
Aujourd'hui, le sacre des Lionnes offre peut-être l'occasion de tirer les leçons de cette période.
Le football ne peut pas être efficacement dirigé dans la
confusion des responsabilités. Il a besoin d'une collaboration institutionnelle
claire, de décisions coordonnées et surtout d'un respect rigoureux des textes
qui organisent la pratique et la gestion du sport.
Le résultat du terrain comme meilleur arbitre
La victoire des Lionnes ne signifie évidemment pas que toutes les questions liées à la gouvernance du football camerounais sont définitivement réglées.
Mais elle démontre une chose : lorsque les différents acteurs travaillent dans leurs domaines de compétence et que les joueuses disposent d'un cadre leur permettant de se concentrer sur le football, le résultat peut être au rendez-vous.
Il serait donc dommage de transformer ce sacre en nouvelle
bataille politique.
Le moment devrait plutôt servir à construire une méthode durable de gestion des équipes nationales, où le ministère joue pleinement son rôle institutionnel et où la FECAFOOT exerce les responsabilités qui lui sont confiées dans la gestion du football.
Paul Biya, le message d'un arbitre institutionnel ?
La démarche présidentielle mérite enfin d'être regardée avec recul.
En dépêchant le Premier ministre auprès des championnes, le
Chef de l'État a choisi de placer la célébration de cette victoire au niveau le
plus élevé de l'État.
Pour certains observateurs, cette démarche peut être comprise comme la volonté présidentielle de rappeler que le sport camerounais, et particulièrement le football, ne doit pas devenir le terrain de querelles personnelles ou de conflits de prérogatives.
Le Président de la République, en tant que garant du
fonctionnement régulier des institutions, dispose de la responsabilité de
veiller à ce que chacun demeure dans son rôle.
L'heure de l'apaisement
Le Cameroun a suffisamment souffert des querelles qui ont
parfois éclipsé l'essentiel : le football et les footballeurs.
Les Lionnes viennent de montrer une autre voie : celle du travail, de la discipline, de la solidarité et de la recherche du résultat.
Il appartient désormais aux responsables du football camerounais de transformer cette victoire en point de départ d'une nouvelle dynamique.
Bravo aux Lionnes Indomptables.
Bravo au staff technique.
Bravo à la FECAFOOT et à tous ceux qui ont contribué à ce sacre. Et bravo à
l'État camerounais pour avoir accompagné cette victoire au plus haut niveau.
Mais surtout, que cette CAN féminine soit le début d'une nouvelle ère : moins de querelles, moins d'ego, davantage de travail et surtout un respect strict des textes et des responsabilités de chacun.
Car au bout du compte, le véritable vainqueur doit toujours être le Cameroun.
Sonny Onemboté




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