Le 14 octobre 2026 à Yaoundé, les travaux de capitalisation des acquis du programme FISH4ACP ont été présidés par le Dr Mimbang Guy Iréné, Conseiller Technique N°1 au ministère de l'Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), représentant personnel du Ministre. Organisée par la FAO et ses partenaires, cette rencontre a réuni l'ensemble des acteurs de la filière pour dresser le bilan de cinq années d'efforts visant à rendre la crevette camerounaise plus durable et compétitive, à deux mois de la clôture du programme.

Les échanges ont porté sur l'évaluation des actions menées conjointement par les pouvoirs publics et les agences internationales de développement au moment où les programmes d'accompagnement technique entrent dans leur phase finale.


Un secteur stratégique pour l'export

La crevette reste la première ressource halieutique d'exportation du Cameroun. Les travaux menés sous l'égide de FISH4ACP ont permis une cartographie précise de la ressource, avec un potentiel d'exploitation durable désormais évalué entre 6 000 et 10 000 tonnes par an. Cette meilleure connaissance s'est accompagnée d'un renforcement des capacités de l'autorité compétente et du Laboratoire National Vétérinaire (LANAVET) de Douala, garantissant une meilleure traçabilité sanitaire pour le marché local et l'export.


Le pari de l'Indication géographique

L'une des avancées majeures est l'enclenchement du processus de reconnaissance de la crevette camerounaise, notamment l'espèce Penaeus monodon, en Indication Géographique (IG). Les études de faisabilité sont jugées positives. Cette labellisation doit permettre de protéger l'origine, de renforcer la notoriété et d'ouvrir l'accès à des marchés internationaux à plus forte valeur ajoutée.


PLACRECAM, pilier de la gouvernance

La structuration du secteur s'est concrétisée par la montée en puissance de la Plateforme Crevettes du Cameroun (PLACRECAM). Créée en 2021 avec 30 membres fondateurs, elle s'est imposée comme l'interprofession de référence. Elle est désormais appelée à pérenniser les acquis du projet, à encadrer le futur cahier des charges de l'IG et à veiller au respect des normes de durabilité.


Investissements et outils innovants

Malgré ces progrès, le Dr Mimbang Guy Iréné a rappelé que des défis financiers, institutionnels et techniques persistent et a invité le secteur privé à investir davantage pour moderniser l'outil de production.

Sur le terrain, le programme a permis de former les pêcheurs et transformateurs aux pratiques de pêche durable, de gouvernance et de gestion. Parmi les réalisations phares : l'appui au Plan de gestion des pêcheries crevettières, l'amélioration de la collecte des données de la pêche industrielle et le déploiement de l'application numérique SIREN pour le suivi en temps réel des captures artisanales.


Initié par l'Organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), mis en œuvre par la FAO et financé par l'Union européenne et l'Allemagne (BMZ), FISH4ACP prépare désormais son transfert complet aux institutions nationales.

Line TCHAKOUNTE