Face aux transformations profondes des modes de production, à la montée en puissance du numérique et au développement du télétravail, la législation du travail entame une étape décisive dans son actualisation.

Un Code de 1992 devenu obsolète

Plus de trois décennies après la promulgation de la loi de 1992, le cadre régissant les relations professionnelles s'apprête à faire peau neuve. La rencontre s'est tenue à Yaoundé, dans la salle de conférence du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale.

Elle a été présidée par Grégoire Owona, chef de ce département ministériel, dans le cadre de la 50ème session du Comité de Concertation et de Suivi du Dialogue Social, consacrée à l'examen de l'évolution du projet de révision du Code du Travail.

Les nouvelles réalités du monde du travail

Pour les travailleurs et l'ensemble des acteurs économiques, cette démarche répond à une urgence du quotidien. Le texte en vigueur, qui accuse aujourd'hui plus de trente ans d'existence, montre ses limites face aux réalités contemporaines de l'emploi.

L'émergence des plateformes numériques, la généralisation progressive du travail à distance et l'apparition de nouvelles formes d'organisation professionnelle imposent un réajustement des garanties légales et institutionnelles.

Un processus entamé depuis 2019

Initiée dès 2019 lors de la 21ème session de la Commission Nationale Consultative du Travail, la démarche de révision a connu des ajustements majeurs pour intégrer les enseignements tirés de la crise sanitaire liée à la COVID-19. Les mutations constatées ces dernières années ont rendu nécessaire une concertation élargie entre le gouvernement, les organisations syndicales et le patronat afin de consolider une mouture équilibrée.


Le dialogue social comme boussole

Dans son discours d'ouverture, Grégoire Owona a souligné l'importance de ce processus tripartite, rappelant que le dialogue social demeure le levier fondamental pour garantir la sérénité des relations professionnelles, la stabilité du climat social et la création d'emplois décents. Il a invité l'ensemble des partenaires à inscrire leurs contributions dans une perspective de justice sociale et de progrès économique prônée par le Président de la République, réaffirmant l'engagement de son département ministériel à jouer son rôle de régulateur neutre et attentif.

Vers un texte équilibré pour travailleurs et entreprises

Les travaux de cette session tenue dans la capitale politique doivent permettre de finaliser les orientations stratégiques d'un texte qui se veut adapté aux exigences d'un marché du travail en pleine évolution, garantissant à la fois la protection des salariés et la compétitivité des entreprises.


Line TCHAKOUNTE