Évincé de la présidence confédérale de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun (CSTC) ce samedi 13 juin 2026, alors qu'il représentait le pays à la Conférence Internationale du Travail de l'OIT à Genève, le leader syndical conteste vigoureusement depuis son retour cette supercherie. Alors que le conseil d'Abraham Baboulé a adressé une sommation en date du vendredi 12 juin 2026 interdisant aux dissidents de mener toute action au nom de la centrale, le climat social s’alourdit au sein de la doyenne des organisations syndicales du pays sur fond de violation flagrante des textes et de guerre de leadership.

Nouvelle tempête au sommet de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun (CSTC).

Quelques jours après l'annonce de sa suspension des fonctions de Président confédéral, Abraham Baboulé est sorti du silence. Loin de courber l'échine, le leader syndical qui réaffirme son statut de Président en exercice a vigoureusement rejeté les résolutions de l'assise extraordinaire qui a acté sa mise à l'écart, qualifiant la manœuvre d'« acte de banditisme syndical ». Une contre-attaque menée dès son retour de Suisse, où il défendait les couleurs du Cameroun sur la scène internationale.


Une destitution orchestrée en l'absence du Président
  
C’est un véritable coup de poignard dans le dos que dénonce le Président confédéral. En effet, cette réunion de crise s'est tenue alors qu'Abraham Baboulé se trouvait à Genève, en Suisse, où il participait activement à la 114ème Session de la Conférence Internationale du Travail de l'Organisation Internationale du Travail (OIT). Mandaté en qualité de Délégué des Travailleurs du Cameroun, il faisait partie intégrante de la délégation officielle conduite par le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Grégoire Owona.

  

C'est depuis la capitale helvétique que le leader syndical a découvert le complot qui se tramait à Yaoundé, après avoir été informé de manière indirecte par une convocation adressée à un membre, signée par le 4ème Vice-président confédéral. Une procédure totalement en dehors des clous, menée en l'absence de l'autorité principale de la centrale.

Du "Conseil extraordinaire" au "Congrès de dupes"

Pour Abraham Baboulé, l'illégitimité de cette réunion est totale, tant sur la forme que sur le fond.

Non seulement la convocation émanait d'une autorité incompétente, mais l'ordre du jour initial a été manipulé de manière flagrante : alors qu'un Conseil extraordinaire ne peut statuer que sur un seul et unique point précis inscrit à son ordre du jour, la réunion s'est soudainement et illégalement transformée en un prétendu « congrès extraordinaire »  une instance aux prérogatives totalement différentes dans le seul but de prononcer sa destitution.  

La voix la plus autorisée de la CSTC rappelle avec fermeté que les instances régulières de la centrale ont déjà balisé l'avenir de l'organisation. Conformément aux résolutions du Conseil Confédéral tenu le 25 septembre 2025, le véritable Congrès Ordinaire de la CSTC a été officiellement convoqué pour le 17 juillet 2026 à Douala.

À ce jour, le processus est si avancé que les mandats de participation ainsi que les documents officiels du congrès ont d'ores et déjà été réceptionnés par les délégués légitimes.

« Un acte de banditisme syndical » 
Face à ce qu'il considère comme une parodie de démocratie syndicale, Abraham Baboulé ne mâche pas ses mots. Devant les médias, il a dénoncé un « coup de force » orchestré par des dissidents assoiffés de pouvoir et pressés de court-circuiter l'échéance légitime de juillet.

  

« Nous sommes en plein arbitrage de caniveau. C’est un acte de banditisme syndical pur et simple, mené par des individus qui piétinent nos propres textes et profitent de notre mission à l'OIT pour assouvir des ambitions personnelles », a-t-il martelé, réaffirmant qu'il demeure le seul et unique Président confédéral légitime de la CSTC.

L'ombre d'une bataille judiciaire à un mois du Congrès
  
Ce nouvel affrontement met en péril la sérénité de la doyenne des centrales syndicales camerounaises, à moins d'un mois de son grand rendez-vous de Douala.

La riposte juridique est désormais en marche : outre la sommation d'interdiction servie par ses avocats le 12 juin dernier, cette affaire sera traduite devant les juridictions compétentes afin que la pleine lumière soit faite. La bataille pour le contrôle de la CSTC se jouera désormais devant les tribunaux.

Line TCHAKOUNTE