Le ministre de l'Habitat et du Développement Urbain Célestine Ketcha Courtes a apporté d'amples information sur le Projet des Villes, Gestion Foncière Durable (PVGFD). 

Le Cameroun vient de lancer le projet Ville et gestion foncière durable, doté d'un financement d'environ 120 milliards de francs CFA. Quelle transformation majeure ce projet ambitionne-t-il d'apporter concrètement aux villes de Douala et Yaoundé ?

C'est l'un des projets qui a battu le record en termes de temps mis pour la maturation en moins d'un an.

Et il faut le dire, grâce au Président de la République. Permettez-moi, avant de parler du PVGFD, Projet des Villes, Gestion Foncière Durable, de situer le projet Ville, gestion foncière durable dans le prolongement du projet de développement des villes inclusives et résilientes. Ce projet avait mobilisé plus de 93 milliards de francs CFA avec l'accompagnement, une fois de plus, de la Banque mondiale que je tiens à remercier.

Ces 93 milliards et plus du PDVIR visent à adresser les défis de la mobilité urbaine, de la connectivité des quartiers précaires, et de l'assainissement, et du déficit en équipements sociaux collectifs dans plusieurs villes du Cameroun. 
C'est sur ces acquis que le programme Ville et gestion foncière durable a été bâti. C'est une continuité.

121 milliards viennent renforcer les efforts déjà engagés par le Président de la République pour améliorer la mobilité urbaine dans nos grandes villes, mais surtout moderniser la gouvernance foncière.

On a entendu dans vos propos le mot continuité, Madame le Ministre, qui signifie que ce nouveau projet, le PVGFD, rentre effectivement dans la politique de transformation urbaine impulsée par le Président de la République.

Oui ! c'est la transformation, je dirais, même la modernisation de nos villes dans le cadre de l'adressage des questions de résilience face aux effets des changements climatiques, mais également face aux questions liées à la pression foncière.

La croissance démographique au Cameroun, c'est une réalité. Nous avons une population jeune, des femmes, il est important d'adresser cette question de modernisation de nos villes pour la génération actuelle et celle à venir.

Yaoundé et Douala, qui sont des villes ciblées par ce projet, font face à des défis bien connus, l'urbanisation rapide, inondations récurrentes, pression foncière.

Quels sont les problèmes prioritaires que ce projet entend corriger ?

Ces problèmes, qui en réalité s'alignent sur un facteur commun, qui est l'accélération de la croissance urbaine. Cette croissance est passée de 46% en 2000 à près de 60% en 2021. L'urbanisation rapide et non maîtrisée accentue également le déficit en infrastructures et services essentiels de base, transport, assainissement, gestion des déchets et autres équipements sociaux collectifs.

Ce projet de ville, gestion foncière durable, son approche, à la suite de PDVIR, est holistique et intégrée. Nous sommes dans une démarche qui veut adresser à la fois les problèmes de mobilité urbaine, les problèmes d'assainissement, les problèmes d'équipement socio-collectif, avec les places qui seront construites, l'éclairage qui sera fait, les problèmes de sécurités foncières pour rendre le milieu urbain plus inclusif, résilient et attractif.

Parlons du foncier, la gestion foncière est souvent source de conflits et de lenteur administrative.

Qu'est-ce que ce projet va changer, va apporter de manière tangible dans la sécurisation du foncier et l'accès au titre de propriété ?

Question très pertinente ! Conscient de ces lourdes contraintes que le foncier pose au développement urbain durable, le MINHDU et le MINDCAF ont développé une synergie autour de ce beau projet, en y inscrivant une composante dédiée à la modernisation du système de gestion foncière, pour une enveloppe de 12 milliards qui viendront adresser aussi la modernisation de la gestion foncière avec un système d'information foncier, qui permettra de sécuriser le foncier du public, du privé. Aucune ville ne sera laissée de côté dans la dynamique de la modernisation urbaine voulue par le Président de la République, Son Excellence M. Paul Biya, Président de la République et chef de l'État.


Propos recueillis par Line TCHAKOUNTE sur le poste national ce 21 janvier 2026.