Face à la récurrence alarmante des violences qui deuillent les familles et ébranlent les fondements de la nation, une vague d’indignation s'est élevée depuis le cœur de la capitale. Rassemblement empreint de gravité et de colère citoyenne, la grande marche de la paix a réuni des Camerounais de tous horizons venus crier leur ras-le-bol face à la barbarie. Entre dénonciation sans concession des crimes odieux perpétrés contre les femmes et les enfants et appel à l'unité nationale, le Cameroun s'est levé d'une seule voix pour dire stop à l'inacceptable.


L'enfer des féminicides et infanticides voué aux gémonies

Le constat est d'une cruauté insoutenable et exige une condamnation ferme, impitoyable et sans la moindre circonstance atténuante. Les féminicides et les infanticides constituent la forme la plus pitoyable et la plus lâche de la violence humaine. Voir des femmes succomber sous le coup de haines aveugles ou de traumatismes conjugaux, voir des enfants violés, martyrisés ou froidement assassinés par ceux-là mêmes qui ont le devoir républicain et moral de les protéger — les adultes — représente une haine et une honte indélébiles pour toute la société.

Il est intolérable que le foyer familial ou le milieu de vie, qui devraient constituer des havres de paix, se transforment en pièges mortels. La nation ne peut plus se complaire dans la passivité ou le silence complice ; chaque vie brisée est une attaque directe contre la dignité humaine.

Un cri du cœur inscrit sur les pancartes : éveiller les consciences pour protéger la nation

Tout au long du parcours, un tableau saisissant a marqué les esprits : hommes, femmes et enfants marchaient côte à côte, brandissant bien haut des pancartes frappées de messages forts et percutants.

On pouvait y lire avec gravité : « Stop aux féminicides », « Non aux discours de haine », « Stop à la violence », ou encore ce rappel fondamental : « Tuer une femme, c'est détruire une nation ».

Ces mots gravés sur le carton ne sont pas de simples slogans réclamés le temps d'un rassemblement, mais une véritable interpellation pédagogique adressée à la conscience collective. Sensibiliser la population à cette réalité, c'est rappeler que la femme est la pierre angulaire de la famille et le pilier socio-économique de la patrie.

Porter atteinte à sa vie ou à son intégrité physique, c'est réduire au silence la matrice de la vie et compromettre l'avenir de toute la collectivité. De même, instrumentaliser ou martyriser les enfants revient à briser l'avenir du pays dans sa berce. Les pancartes portées par les plus jeunes et les adultes résonnent ainsi comme un plaidoyer pour une éducation au respect, à la tolérance et à la préservation absolue de la vie humaine dans chaque foyer camerounais.


La dynamique portée par Cathy Meba et le leadership de la JERC

Au cœur de cette riposte populaire, l'action de Cathy Meba, présidente nationale de la Jeunesse Émergente et Républicaine du Cameroun (JERC) et vice-présidente du Conseil Régional du Sud, a servi de catalyseur à la conscience collective. En prenant l'initiative d'organiser cette marche pacifique, la promotrice a voulu marquer un tournant dans la lutte contre les fléaux qui gangrènent le quotidien. Par son engagement, Cathy Meba incarne une volonté d'acier face aux violences basées sur le genre, aux discours de haine et à la xénophobie.

Son message résonne comme un rappel à l'ordre républicain : la femme et l'enfant doivent être préservés, respectés et sécurisés. Sous la bannière de la JERC et son mot d'ordre « Unir • Agir • Bâtir », cette mobilisation a su donner une tribune à la souffrance des familles et réveiller les consciences engourdies.

Le Cameroun uni au Boulevard du 20 mai

Parti du carrefour Mess des officiers dès 06h00 du matin, le cortège a vu défiler une foule compacte venue manifester en famille, portée par un même élan républicain.

Le Boulevard du 20 mai à Yaoundé s'est transformé en haut lieu de convergence pour toutes les forces vives de la nation. Parmi les personnalités venues apporter leur soutien à la cause figuraient Le Général Makosso Camille, le maire de la commune de Bikok Odette Crescence Ottou, l'actrice et femme d'affaires Françoise Puene (Mamy Nyanga), Serge Ondobo, président des Jeunes Patriotes, ainsi que Prince Théophile Kwendje. Tous ont marché côte à côte pour rappeler que la protection des personnes vulnérables dépasse les clivages et concerne la nation tout entière.


Un serment collectif pour l'avenir de la nation

Au-delà de la présence des figures publiques, ce sont les paroles poignantes des citoyens qui ont donné tout son sens à ce rassemblement. Dans la foule, un participant résumait le fondement du respect dû à la femme : « Pour moi, ma mère était une femme. Et la personne qui a créé le monde est une femme.

À partir de ces deux données-là, je dois un respect immense à la femme. La femme est comme une fleur qui s'entretient. Les femmes ont besoin d'être entretenues et non d'être violentées.

»

Alors que les marcheurs se sont dispersés dans le calme, l'appel lancé depuis Yaoundé reste vibrant : le Cameroun tout entier doit demeurer debout pour traquer la violence sous toutes ses formes, protéger ses enfants et garantir à chaque femme le droit fondamental de vivre dans la paix et la sécurité.

Line TCHAKOUNTE