On aurait pu s’attendre à une nouvelle série de discours d’usage, un procès-verbal de plus à classer, et des communiqués qui dorment dans les tiroirs. Les 48ᵉ et 49ᵉ sessions du Comité de Concertation et de Suivi du Dialogue Social ont choisi un autre chemin. À Yaoundé, Gouvernement, syndicats et patronat ont troqué l’habituelle mécanique de confrontation pour un exercice plus rare : s’écouter longtemps, assez longtemps pour entendre ce qui n’est pas dit.
Le dialogue comme rempart, pas comme rituel
Le Ministre du Travail et de la Sécurité sociale a ouvert les assises en rappelant une évidence que l’on oublie souvent dans la chaleur des négociations : le dialogue social n’est pas une formalité. C’est un rempart. Un rempart contre l’embrasement, un outil pour garder le Cameroun sur une trajectoire de développement quand tout pousse à l’impatience.
Son appel était simple, presque nu : rester dans la responsabilité, chercher le consensus même quand il coûte.
Son appel était simple, presque nu : rester dans la responsabilité, chercher le consensus même quand il coûte.
Revenir sur le terrain avant de projeter l’avenir
La salle a donc commencé par le passé avant de parler d’avenir. Le procès-verbal de la 47ᵉ session a été adopté, puis le rapport d’exécution des résolutions précédentes a été passé au crible.
Pas pour faire le procès des retards, mais pour mesurer l’écart entre l’intention et le terrain. Qu’est-ce qui a bougé ? Qu’est-ce qui résiste ? Quelles promesses sont restées en chemin ? Ce regard rétrospectif, sans fard, a donné le ton : on ne feint plus d’avancer. On vérifie.
Pas pour faire le procès des retards, mais pour mesurer l’écart entre l’intention et le terrain. Qu’est-ce qui a bougé ? Qu’est-ce qui résiste ? Quelles promesses sont restées en chemin ? Ce regard rétrospectif, sans fard, a donné le ton : on ne feint plus d’avancer. On vérifie.
Une boussole internationale pour des réponses camerounaises
Puis est venue la fenêtre ouverte sur le monde. Les conclusions de la 114ᵉ Conférence internationale du Travail ont été posées sur la table comme une boussole. Derrière les normes internationales, il y avait une question très camerounaise : comment s’en saisir pour rendre nos politiques sociales plus solides, plus crédibles, plus utiles aux travailleurs de l’usine, du chantier, du bureau, du champ ?
Le droit de grève au cœur d’un débat sans raccourci
Le moment de tension attendue est arrivé avec la Confédération Camerounaise du Travail.
Le thème choisi n’était pas anodin : « Principes et droits fondamentaux : revisiter le droit de grève ». Le débat a pris de l’épaisseur. On a parlé libertés syndicales sans esquiver la complexité, dialogue social sans en faire une incantation, régulation des relations professionnelles sans réduire l’employeur au rôle de bouc émissaire ni le travailleur à celui de victime permanente.
Trois camps, une même salle, et la volonté de ne pas quitter la pièce avant d’avoir compris l’autre.
Le thème choisi n’était pas anodin : « Principes et droits fondamentaux : revisiter le droit de grève ». Le débat a pris de l’épaisseur. On a parlé libertés syndicales sans esquiver la complexité, dialogue social sans en faire une incantation, régulation des relations professionnelles sans réduire l’employeur au rôle de bouc émissaire ni le travailleur à celui de victime permanente.
Trois camps, une même salle, et la volonté de ne pas quitter la pièce avant d’avoir compris l’autre.
Faire du CCSDS une instance permanente de prévention
Au final, le CCSDS ne s’est pas contenté de refermer deux sessions. Il a réaffirmé une ambition : faire de cette instance un lieu permanent, pas un rendez-vous saisonnier.
Un espace où l’on prévient avant de subir, où l’on construit avant de subir le rapport de force. L’idée directrice est restée la même tout du long : privilégier le dialogue pour accoucher de solutions que tout le monde peut défendre, des solutions qui tiennent sur la durée, qui améliorent le quotidien au travail et qui ancrent le développement du Cameroun dans la paix sociale.
Un espace où l’on prévient avant de subir, où l’on construit avant de subir le rapport de force. L’idée directrice est restée la même tout du long : privilégier le dialogue pour accoucher de solutions que tout le monde peut défendre, des solutions qui tiennent sur la durée, qui améliorent le quotidien au travail et qui ancrent le développement du Cameroun dans la paix sociale.
Dans un contexte où les crispations vont vite, ces deux journées à Yaoundé rappellent qu’il existe encore des tables où l’on choisit la patience plutôt que le fracas.
Et que parfois, renforcer la concertation, c’est déjà réparer le monde du travail.
Et que parfois, renforcer la concertation, c’est déjà réparer le monde du travail.
Line TCHAKOUNTE




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