L'urgence climatique dans le septentrion camerounais a franchi un nouveau cap. Confronté à la dégradation accélérée des sols, à la sécheresse persistante et à l'effritement de la biodiversité, le gouvernement passe à la vitesse supérieure.

Un atelier national de validation s'est tenu le 29 septembre 2026 à Yaoundé, sous la présidence du ministre de l'Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED).

À l'ordre du jour : l'adoption d'un projet ambitieux consacré à la gestion durable des paysages et à la résilience des populations du Nord et de l'Extrême-Nord.

Dans ces deux régions, le changement climatique n'est plus une abstraction. Il frappe directement les activités agricoles, pastorales et les ressources naturelles qui font vivre des millions de personnes.

Porté par le Cameroun avec l'appui technique de la FAO et le financement du Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM), le projet vise à apporter des réponses de terrain.

Intervenant au nom de l'organisation onusienne, le Représentant de la FAO au Cameroun, Dr Antonio Querido, a rappelé la vulnérabilité extrême de ces territoires face aux chocs climatiques : « La stabilité des paysages, des moyens de subsistance et des communautés dépend donc de notre capacité collective à apporter des réponses durables à ces défis »,* a-t-il souligné.

Au-delà de la restauration écologique, le programme mise sur l'humain.

Il prévoit la réhabilitation des paysages dégradés, la gestion durable de la biodiversité, mais aussi le renforcement de l'implication des communautés locales, avec une attention particulière pour les femmes et les jeunes.

L'autre axe fort : transformer la restauration en opportunité économique, à travers le développement de chaînes de valeur durables autour du bambou et des produits forestiers non ligneux.

Un choix qui n'est pas anodin.

Selon Angèle Wadou, Directrice nationale du projet, le ciblage du Nord et de l'Extrême-Nord répond directement à l'engagement pris par le Cameroun dans le cadre de l'initiative AFR100 : restaurer au moins 12 millions d'hectares de terres et paysages dégradés d'ici 2030. Une part importante de ces superficies se concentre justement dans le Grand-Nord.

Présidant la clôture des travaux, le ministre de l'Environnement a insisté sur la gravité de la situation.

Dans un contexte où « la sécheresse va s'installer », les conséquences sont désormais visibles sur la santé, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des populations.

Il a appelé l'ensemble des parties prenantes à sortir des discours pour privilégier « des actions concrètes », rappelant que la gestion durable des ressources est une dette envers les générations futures.

Avec cet atelier, Yaoundé pose une nouvelle pierre dans sa stratégie d'adaptation climatique : faire de la lutte contre la dégradation des terres un levier direct d'amélioration des conditions de vie.


Line TCHAKOUNTE