En plein cœur de la 4è édition du Salon des acteurs économiques et du développement local (SAEDEL) à Kribi, le Laboratoire National de Génie Civil (LABOGENIE) s'est imposé comme une figure de proue. Sous la houlette de son Directeur Général Adjoint, Salomon Roger G. Tchouen, l’institution a animé une conférence stratégique sur les constructions durables ce jeudi 23 avril 2026.

Entre expertise technique et vulgarisation normative, le bras séculier de l'État en matière de génie civil a réaffirmé son rôle crucial de garant de la sécurité infrastructurelle au Cameroun, attirant une foule de visiteurs curieux de comprendre les enjeux de la conformité des matériaux.

Une expertise historique au service de la résilience  

Héritier du CRETP et érigé en Établissement Public à Caractère Industriel et Commercial (EPIC) depuis 1980, le LABOGENIE traverse les décennies en consolidant son autorité. Placé sous la tutelle du Ministère des Travaux Publics, le laboratoire a vu ses prérogatives renforcées par les décrets présidentiels de mars 2019, faisant de lui l’expert habilité incontournable pour le contrôle de conformité.

À Kribi, cette stature a été mise en lumière par Salomon Roger G. Tchouen, fort de ses 40 ans d'ingénierie, accompagné de ses collaborateurs Roseline Simo et Joël Nongni. Pour le DGA, la géotechnique n'est pas une simple étape administrative, mais le socle même de tout projet viable, car elle permet l'étude fine des sols destinés à supporter les structures.


Le matériau au cœur de l’équation de durabilité

La conférence a permis de lever le voile sur les risques liés à la négligence technique. Le DGA a été formel sur la hiérarchie des priorités dans le bâtiment : « Au niveau du contrôle de qualité de matériau c’est extrêmement important parce que vous pouvez avoir un matériau, s’il ne répond pas aux caractéristiques tout ce que vous pourrez faire après ne peut pas garantir sa durabilité ». Cette rigueur scientifique est présentée comme l'unique réponse face à la récurrence des sinistres sur les chantiers nationaux.

En se positionnant comme l'expert de la normalisation, le LABOGENIE rappelle que la résilience des infrastructures de génie civil dépend directement de la qualité intrinsèque des agrégats et du ferraillage utilisés.

Une offensive de visibilité et de vulgarisation législative
 
La présence massive du public au stand du LABOGENIE témoigne d'un besoin pressant d'information de la part des opérateurs économiques. Interrogé sur les motivations de cette participation au SAEDEL, le DGA a précisé : « C’est déjà un souci de visibilité, nous avons aussi noté un besoin de communiquer de faire comprendre aux opérateurs, aux privés et aux institutions, le rôle de la géotechnique, et surtout du LABOGENIE dans la construction de leurs édifices, c’est pour ça que nous sommes là, et nous voulons leur faire comprendre aussi un ensemble d’innovations au niveau de l’environnement institutionnel parce qu’il y a eu de nouveaux textes ».

Cette étape kribienne marque ainsi le prélude à une vaste campagne de vulgarisation des ateliers techniques à venir.

Sécuriser les investissements par la contrainte légale
  
Au-delà de la pédagogie, le LABOGENIE rappelle que la sécurité est une obligation légale. Le passage au SAEDEL se veut un avertissement salutaire pour les investisseurs publics et privés.

Salomon Roger G. Tchouen a insisté sur la nécessité de sécuriser les capitaux engagés dans le génie civil : « Ce que nous voulons qu’on retienne de notre passage au SAEDEL c’est que pour des opérateurs institutionnels et privés, qui ont des investissements à faire dans la construction des ouvrages de génie civil, Il convient de prendre un certain nombre de dispositions pour les sécuriser et l’une des dispositions qu’il faut prendre pour les sécuriser c’est prendre en compte le contrôle de qualité des matériaux et l’étude des sols ça doit être systématique et il y a une loi qui donne une liste des ouvrages qui doivent être soumis à l’étude des sols et au contrôle des qualité des matériaux. Il faut que les gens puissent s’y soumettre pour éviter les désagréments, les accidents qu’on a souvent avec les effondrements des ouvrages ».

Un message clair qui place désormais chaque acteur devant ses responsabilités.

Line TCHAKOUNTE