Dans un appel adressé au chef de l’État, des populations, chefs traditionnels et acteurs locaux de Douala dénoncent la gestion du préfet du Wouri, Sylac Marie Mvogo. Ils l’accusent d’être au cœur de plusieurs litiges fonciers, notamment la rétrocession en 48 heures de près de 23 hectares dans le secteur du marché de la gare, et alertent sur un risque d’embrasement dans une ville jugée sensible sur le plan sécuritaire.

C’est en réalité un cri de cœur lancé depuis Douala à l’endroit du président de la République.

Depuis sa nomination à la tête du département du Wouri, l’administrateur civil hors échelle Sylac Marie Mvogo est présenté par une partie de la population comme une menace pour la paix, la stabilité et la cohésion sociale dans une ville où la question sécuritaire reste sensible. 

En moins de deux ans, il lui est reproché d’avoir attribué près de 23 hectares de terrain dans la zone du marché de la gare. Une opération qui expliquerait, selon les plaignants, pourquoi il se retrouve régulièrement devant les tribunaux face à ses administrés et impliqué dans plusieurs contentieux fonciers.

Les chefs traditionnels et les habitants dénoncent un mépris affiché, une insubordination et un zèle qu’ils attribuent à des protections au plus haut niveau de l’administration.

Pour les signataires de cet appel, la situation ne peut plus durer. Ils demandent au président Paul Biya d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard, estimant que la paix et la sérénité ne tiennent qu’à un fil dans une ville comme Douala où une simple étincelle peut suffire à embraser l’ensemble.

 

Le dossier du marché de la gare revient avec insistance. Dans ce litige qui oppose le préfet à la mairie de Douala 2, Sylac Marie Mvogo aurait été au centre des tractations ayant conduit à la rétrocession des 23 hectares en 48 heures à des particuliers. Les plaignants rappellent qu’auparavant, certains marchés avaient été rétrocédés aux maires du Wouri par l’ancien préfet Okalia Bilaï, alors que le Dr Fritz Ntone Ntone dirigeait la communauté urbaine de Douala.

Plus de 15 ans ont passé et trois préfets se sont succédé au Wouri sans que cette pratique ne soit observée. 

C’est toujours selon les mêmes sources le préfet actuel qui serait au cœur du désordre foncier à Japoma. Ils affirment qu’il a fallu batailler fort pour que le marché de la gare soit construit et qu’aujourd’hui, le marché des femmes serait en passe d’être vendu par ses soins.

 

Par Hervé Villars Kibong_  
PDG du Groupe Médias Flèche D'Afrique et Regards Sur le Monde TV (RSM TV)