La ville de Mbalmayo a accueilli, du 4 au 5 septembre dernier, un atelier consacré au renforcement des capacités des journalistes sur la couverture inclusive du processus électoral. Organisée par le Ministère de la Communication en partenariat avec Sightsavers, la rencontre a rassemblé des membres du Réseau des journalistes pour les droits de l’enfant et autres couches vulnérables(REJODEC) et de l’Association des blogueurs du Cameroun (ABC) autour d’un enjeu majeur : la participation citoyenne et politique des personnes handicapées.
*Un contexte marqué par des défis d’inclusion*
Malgré l’existence de la loi du 13 avril 2010 sur la protection et la promotion des droits des personnes handicapées, ainsi que la ratification par le Cameroun de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, la participation politique de cette frange de la population demeure limitée.
Selon la SND30, plus de 3,4 millions de Camerounais vivent avec un handicap, soit près de 12 % de la population. Pourtant, leur représentation reste faible dans les organes de décision.
C’est dans ce contexte que s’est inscrit l’atelier de Mbalmayo.
Comme l’a rappelé Dr Martin Paul Désiré Ayo, sous-directeur de la protection des personnes handicapées au ministère des Affaires sociales :
« L’État a l’obligation de respecter, protéger et réaliser les droits fondamentaux des personnes handicapées, y compris le droit de voter et celui de se porter candidat. La Convention des Nations Unies constitue la base de l’élaboration de nos politiques publiques et nous oblige à créer un environnement favorable à leur participation citoyenne ».
Les médias, alliés stratégiques
L’objectif de la rencontre était clair : amener les professionnels des médias à développer des réflexes pour une couverture respectueuse et inclusive.
Les organisateurs misent sur le rôle de sensibilisation et de plaidoyer que peuvent jouer les journalistes dans la promotion des droits civiques et politiques des personnes vivant avec un handicap.
Pour Boniface Mvondo, coordonnateur de la plateforme Inclusive Society for Persons with Disabilities, cette mobilisation est plus que nécessaire : « Nous avons déjà enregistré des progrès, avec l’inscription de milliers de personnes handicapées sur les listes électorales, la facilitation de l’obtention de pièces officielles comme les cartes d’identité et les actes de naissance, ainsi que la formation de plus de 500 personnes handicapées. Mais il faut accentuer la sensibilisation, le plaidoyer et la formation, afin que la voix des personnes handicapées soit davantage entendue dans la sphère politique ».
ELECAM et l’innovation pour une élection inclusive
La participation des personnes vivant avec un handicap dépend aussi des mesures mises en place par les institutions électorales. Représentant ELECAM, Franck Ekotto a présenté les innovations de la structure pour garantir l’accessibilité du vote.
« Nous avons introduit des outils adaptés, tels que des pochettes en braille et des étiquettes tactiles, afin de faciliter le vote des déficients visuels.
Ces dispositifs sont conçus pour leur permettre de voter en toute confidentialité et en toute autonomie. Notre objectif est clair : garantir que chaque citoyen, quelles que soient ses limitations, puisse exercer son droit de vote dans les mêmes conditions que les autres », a-t-il affirmé.
Vers une communication plus inclusive
Les participants ont également travaillé sur les terminologies appropriées dans le traitement médiatique, afin d’éviter stigmatisation et maladresses.
La différence, par exemple, entre « personne handicapée » et « personne vivant avec un handicap », ou encore entre « handicap intellectuel » et « aliénation mentale », a été clarifiée.
Des recommandations ont été formulées, parmi lesquelles : la mise en place d’un point focal communication ; la vulgarisation de la Convention de partenariat entre acteurs ; la traduction du code électoral en langue des signes pour diffusion sur les réseaux sociaux ; une meilleure implication des médias, au-delà de la simple couverture d’événements, pour porter durablement la voix des personnes handicapées.
Cet atelier apparaît ainsi comme une étape cruciale pour la consolidation d’un processus électoral réellement inclusif, participatif et équitable au Cameroun.
Denise Ebelle
Mbalmayo : les médias formés à la couverture inclusive du processus électoral
Line Tchakounte 1224 Posts
journaliste passionnée et voix emblématique de Newstarinfos, partage avec justesse et authenticité les actualités qui façonnent l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.




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