Une Question n'a cessé de tarauder l'esprit de la magistrate Martine Ahanda Tana : « pourquoi partent- ils de plus en plus de leur pays pour aller travailler ailleurs ? ». C'est le fil d'Ariane de son article post-doctoral. Après l'obtention de son doctorat en droit public à l'Université de Bangui en République Centrafricaine le 12 Mai 2023, l'écrivaine Dr Martine Ahanda Tana a publié son premier article scientifique sur «les migrations scientifiques internationales dans la CEMAC : entre réalités et contraintes».

En 58 pages, cet article post-doctoral publié dans le Pôle Recherches et Publications du Centre d'études internationales diplomatiques économiques et stratégiques (CEIDES), explore le phénomène sans cesse croissant des migrations intracommunautaires et extracommunautaires des diplômés et intellectuels ressortissants de la Cemac. «Je me base sur l'étude et la définition de ce type de migrations ainsi que des notions voisines, pour cerner les différentes problématiques, afin de mieux en évaluer les facteurs sociopolitiques, économiques et financiers. Je propose enfin des solutions juridiques et réalistes qui peuvent limiter la ruée de ces catégories de citoyens de la CEMAC vers d'autres contrées.

J'essaie de faire une analyse approfondie des migrations scientifiques internationales (Msi) dont l'intérêt est à la fois scientifique et pratique» indique le Dr. L' 'émergence de l'option diaspora n'est pas à négliger. Même si de nombreuses problématiques restent à résoudre : «qu'est ce qui pousse les citoyens de la CEMAC à partir de leur pays» et « qu'est ce qui les motive à choisir tel pays plutôt qu'un autre ?».

Il n'en demeure pas moins vrai qu'il existe un nombre croissant d’analyses critiques sur les migrations et le développement, et en particulier sur les diasporas et leur potentiel pour le développement. Pour certains, «dans un contexte où les défis et contraintes à surmonter pour une valorisation effective des potentiels de la diaspora sont nombreux et non complètement pris en charge par les autorités publiques, l’option diaspora peut être perçue comme un concept magique ou un totem promu par l’État et les organisations internationales», analyse le Dr Léger Félix Ntienjom dans un de ses articles. Un peu plus loin, un autre Diplomate réoriente sa réflexion sur le plan structurel : «quel serait l’impact de d’un Ministère chargé de la Diaspora dans le contexte Camerounais ?» Rappelons qu'avant sa soutenance de thèse, la magistrate a pu écrire six articles entre 2005 et 2015.

Un mois après avoir obtenu son doctorat, elle s'est mise à travailler sur cet article qui lui a pris deux ans: du 12 juin 2023 au 12 juin 2025. La magistrate salue l'engagement de tous ceux et celles qui ont contribué à la mise en œuvre de cet article «Je tiens à remercier très sincèrement le Professeur Gatsi Tazo pour son encadrement scientifique et toute l'équipe du CEIDES en particulier le Président Son Excellence Monsieur le Ministre Plénipotentiaire Dr Christian Edmond Pout», remercie l'écrivaine Dr Martine Ahanda Tana. Notons qu'en juin de cette année, elle a commis un ouvrage sur "le droit des étrangers au Cameroun, réflexion à la lumière de la jurisprudence internationale", préfacé par Son Excellence Monsieur Monsieur le Ministre plénipotentiaire Dr Martial TCHENZETTE, Premier Conseiller à l'Ambassade du Brésil au Cameroun.

Line Tchakounte