L’Hôtel Franco de Yaoundé résonne depuis ce mercredi 7 mai 2026 au rythme de la 4ᵉ édition du Salon Afrique-Canada sur l’Immigration et l’Investissement (SACII). Sous le haut patronat institutionnel et sous le thème central « Cameroun-Canada : partager les innovations pour transformer l'éducation, former et préparer une génération », ce forum de trois jours rassemble un parterre d'autorités publiques, de diplomates, de capitaines d'industrie et de leaders de la société civile.
Porté avec détermination par la diaspora camerounaise d’Amérique du Nord, l’événement qui s'étire jusqu'au 9 mai entend imposer une nouvelle grille de lecture des relations transatlantiques : substituer aux mirages d'une émigration désordonnée une coopération économique pragmatique et gagnant-gagnant.
L'écosystème éducatif au premier rang de la SND30
C'est le Secrétaire Général du Ministère de l'Éducation de Base (MINEDUB), représentant personnel du Ministre, qui a présidé l'ouverture des travaux, marquée préalablement par les mots de bienvenue du Président de la Akwaba Community.
Dans sa prise de parole, l'autorité ministérielle a démontré l'alignement stratégique de l'événement avec les grandes orientations de l'État : « Le fondement de ce Salon est contenu dans la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), qui définit le capital humain comme un facteur capable de porter une croissance forte, à travers les compétences, l'innovation et la mobilité. L'école construit l'esprit critique et les valeurs.
» Une position affirmée qui fait reposer l'avenir industriel du pays sur un capital humain renforcé et ouvert sur les innovations mondiales.
» Une position affirmée qui fait reposer l'avenir industriel du pays sur un capital humain renforcé et ouvert sur les innovations mondiales.
Immigration canadienne : le recadrage sans concession de la Haute-Commissaire
Devant un parterre captivé de jeunes diplômés et de porteurs de projets, Son Excellence Marie-Claude Harvey, Haute-Commissaire du Canada au Cameroun, a livré un message d'une netteté absolue face à la résurgence des arnaques au visa.
La diplomate a tenu à démonter point par point les promesses fallacieuses des intermédiaires véreux : « J'attire votre attention sur le fait que beaucoup de gens essaient de vendre des visas en faisant des promesses, en vous disant que si vous leur donnez votre argent vous obtiendrez un visa pour le Canada.
Ce n'est pas vrai. Personne ne peut garantir l'obtention d'un visa. »
Ce n'est pas vrai. Personne ne peut garantir l'obtention d'un visa. »
Insistant sur la souveraineté et la gratuité des canaux officiels, elle a vivement recommandé l'autonomie dans les démarches : « Vous pouvez le faire vous-même, sans donner votre argent à quelqu'un qui ne peut absolument pas vous garantir un visa.
Faites attention à ceux qui veulent profiter de vos rêves pour vous soutirer de l'argent. »
Faites attention à ceux qui veulent profiter de vos rêves pour vous soutirer de l'argent. »
La migration circulaire : quand la diaspora devient un levier national
La tribune d'honneur comptait la présence de figures représentatives de premier plan : le Dr Samuel Dongmo, Président du Haut Conseil des Camerounais de l'Extérieur (HCCE) et Ambassadeur de la Paix de la Diaspora, le Pr Honoré Ouantchi, Président du Comité d'Organisation International du SACII, l'Honorable Sénatrice Françoise Puene, ainsi que Maëllys Ngo Mboui, Miss Cameroun 2026.
Mettant en lumière le triptyque directeur du rassemblement — Immigration, Investissement et Diaspora —, le promoteur du salon a tenu à recadrer le concept de mobilité internationale : « Nous ne sommes pas là pour encourager l'immigration à tout prix, pour dire aux gens "partez".
Nous sommes là pour dire que si les enfants camerounais partent, il faut qu'ils soient capables d'acquérir des capacités multiformes à l'extérieur et de revenir bâtir la Nation. C'est ce que nous appelons la migration circulaire. »
Nous sommes là pour dire que si les enfants camerounais partent, il faut qu'ils soient capables d'acquérir des capacités multiformes à l'extérieur et de revenir bâtir la Nation. C'est ce que nous appelons la migration circulaire. »
Fort de trente années d'expérience aux États-Unis tout en demeurant très actif au Cameroun, il a lancé un appel direct à la conscience de la jeunesse venue en masse à l'Hôtel Franco : « N'ayez pas l'immigration comme votre unique projet de vie.
Si vous voulez partir néanmoins, sachez qu'il faut partir de façon préparée. Et si vous partez, pensez à revenir. »
Si vous voulez partir néanmoins, sachez qu'il faut partir de façon préparée. Et si vous partez, pensez à revenir. »
De la théorie à la pratique : le match-making industriel
Loin de se limiter aux déclarations d'intention, le SACII 2026 déploie un dispositif concret d'interconnexion économique.
Un réseau de match-making réunit des acteurs clés comme la Chambre de Commerce, l'APME, le GECAM, l'API et la Fédération des gens d'affaires du Canada pour accompagner le transfert de technologies et les levées de fonds.
Un réseau de match-making réunit des acteurs clés comme la Chambre de Commerce, l'APME, le GECAM, l'API et la Fédération des gens d'affaires du Canada pour accompagner le transfert de technologies et les levées de fonds.
À titre d'exemple, l'organisation pointe la valorisation des chaînes de valeur agricoles : « Prenons un jeune agriculteur qui veut produire du cacao mais qui n'a pas les moyens de le transformer. Nous appelons des investisseurs canadiens qui se mettent ensemble avec ce jeune, apportent la technologie.
Le cacao est transformé et le Canada ouvre le marché du chocolat à ce jeune investisseur. C'est très pratique. Nous sommes venus faire du concret.
»
Le cacao est transformé et le Canada ouvre le marché du chocolat à ce jeune investisseur. C'est très pratique. Nous sommes venus faire du concret.
»
Les travaux se poursuivent à Yaoundé jusqu'au 9 mai autour de tables rondes thématiques, d'ateliers d'orientation sur les filières universitaires canadiennes et de rendez-vous d'affaires B2B.
Line TCHAKOUNTE




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