À l’heure où les richesses du sous-sol camerounais cristallisent autant d’espoirs de développement que de colères sociales, la sortie médiatique du Pr Fuh Calistus Gentry sur les antennes de la CRTV marque un tournant paradigmatique dans la communication gouvernementale. Entre aveux de faiblesses structurelles, rigueur chiffrée et fermeté régalienne, le Ministre des Mines a choisi de briser l’omerta sur le « mining wahala » pour lui substituer une pédagogie de la redevabilité. Cet exercice de franchise, loin d’être une simple opération de charme, dessine les contours d’une gouvernance qui tente de réconcilier l’impératif de transparence avec l’ambition de faire de 2026 l’année historique du décollage minier national.
Un accueil inédit pour la Commission d’enquête présidentielle
L’un des points les plus saillants de cette sortie réside dans la posture adoptée par le ministre face à la Commission d’enquête ordonnée par le Chef de l’État. Là où beaucoup auraient perçu un désaveu ou une mise sous surveillance de leur département, le Pr Gentry a choisi d’y voir une opportunité d’assainissement. En affirmant que le ministère des Mines accueillait favorablement cette initiative, il a opéré un glissement sémantique majeur : le contrôle n’est plus une menace, mais un outil de réforme.
Cette déclaration signale une volonté de sortir du déni institutionnel pour embrasser une forme de responsabilité partagée, reconnaissant implicitement que l’ampleur des défis — exploitation illégale, dégradation environnementale et évasion des recettes — nécessite une intervention de plus haute stature.
Cette déclaration signale une volonté de sortir du déni institutionnel pour embrasser une forme de responsabilité partagée, reconnaissant implicitement que l’ampleur des défis — exploitation illégale, dégradation environnementale et évasion des recettes — nécessite une intervention de plus haute stature.
Le diagnostic sans fard d’une chaîne de gouvernance fragmentée
Le ministre a eu le mérite de ne pas présenter une administration monolithique et infaillible. Au contraire, il a exposé avec une clarté désarmante la fragmentation de la chaîne de contrôle.
En précisant que le rôle de son ministère s’arrête à la production, il a mis en lumière la responsabilité des autres maillons : Douanes, fiscalité, forces de maintien de l’ordre et administrations frontalières. Cette transparence sur les limites structurelles de son action ne doit pas être lue comme une défausse, mais comme un appel à la cohérence interministérielle. En identifiant les « fausses déclarations » comme le poison central du secteur, il a pointé du doigt le maillon faible : la redevabilité financière et la sincérité des opérateurs, souvent protégés par des zones d’ombre administratives.
En précisant que le rôle de son ministère s’arrête à la production, il a mis en lumière la responsabilité des autres maillons : Douanes, fiscalité, forces de maintien de l’ordre et administrations frontalières. Cette transparence sur les limites structurelles de son action ne doit pas être lue comme une défausse, mais comme un appel à la cohérence interministérielle. En identifiant les « fausses déclarations » comme le poison central du secteur, il a pointé du doigt le maillon faible : la redevabilité financière et la sincérité des opérateurs, souvent protégés par des zones d’ombre administratives.
Des chiffres précis contre les fantasmes de l’opacité
Contrebalançant les discours évasifs de certains de ses prédécesseurs, le Pr Fuh Calistus Gentry a jeté des chiffres concrets dans l’arène publique. L’annonce de 960 kilos d’or déclarés, aboutissant à un stock de 1 500 kilos logés au ministère des Finances, marque une rupture avec l’époque où les données extractives étaient considérées comme trop complexes pour le commun des mortels. En rendant ces chiffres publics, le ministre réhabilite le citoyen dans son droit à l’information et rétablit une base factuelle pour le débat national.
Il a également fermement rappelé que toute activité, même menée par des personnalités influentes, demeure illégale si elle s’affranchit de la réglementation, affirmant ainsi la primauté de la règle de droit sur les réseaux d’influence.
Il a également fermement rappelé que toute activité, même menée par des personnalités influentes, demeure illégale si elle s’affranchit de la réglementation, affirmant ainsi la primauté de la règle de droit sur les réseaux d’influence.
L’année 2026 : Le tournant vers un Cameroun pays minier
Au-delà de la gestion de crise, la sortie médiatique du ministre a servi de rampe de lancement pour une vision industrielle ambitieuse. Le message est sans équivoque : l’exploitation minière est passée du stade de projet lointain à celui de réalité économique concrète.
Des corridors de fer à Mbalam jusqu’à la bauxite de Minim-Martap, en passant par le calcaire et l’or, le Cameroun s’inscrit désormais sur la carte mondiale des nations minières. Cette transition vers l’exploitation industrielle est présentée comme la solution ultime pour éradiquer la contrebande et le désordre artisanal. En promettant des créations d’emplois massives et des opportunités réelles pour la jeunesse, le Pr Gentry tente de transformer un sujet de discorde nationale en un levier d’espoir et de développement.
Des corridors de fer à Mbalam jusqu’à la bauxite de Minim-Martap, en passant par le calcaire et l’or, le Cameroun s’inscrit désormais sur la carte mondiale des nations minières. Cette transition vers l’exploitation industrielle est présentée comme la solution ultime pour éradiquer la contrebande et le désordre artisanal. En promettant des créations d’emplois massives et des opportunités réelles pour la jeunesse, le Pr Gentry tente de transformer un sujet de discorde nationale en un levier d’espoir et de développement.
La transparence comme condition de la rentabilité économique
Le postulat le plus fort de cette intervention reste l’association intrinsèque entre transparence et rentabilité. Le ministre a clairement indiqué que le secteur ne pourrait prospérer que si la lumière était faite sur les flux financiers et les obligations environnementales. En évoquant le retour imminent du Cameroun au sein de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), il lie la crédibilité internationale du pays à sa capacité à être honnête sur ses richesses.
Il a également insisté sur la fermeté des sanctions, annonçant le démantèlement systématique des unités de production illégales. Cette approche bilatérale, mêlant ouverture au dialogue et rigueur dans l’exécution, dessine les contours d’un État qui cherche à regagner la confiance de ses populations, un petit pas à la fois, en traitant le public comme un partenaire plutôt que comme un simple spectateur.
Il a également insisté sur la fermeté des sanctions, annonçant le démantèlement systématique des unités de production illégales. Cette approche bilatérale, mêlant ouverture au dialogue et rigueur dans l’exécution, dessine les contours d’un État qui cherche à regagner la confiance de ses populations, un petit pas à la fois, en traitant le public comme un partenaire plutôt que comme un simple spectateur.
Line TCHAKOUNTE




Commentaires