Au terme d’une mission de travail fructueuse au Cameroun, le Directeur Général des Douanes et Droits Indirects du Tchad, Ousmane Brahim Djouma, a exprimé sa totale satisfaction quant aux résolutions prises avec son homologue camerounais, Edwin Fongod Nuvaga. Cette rencontre de haut niveau marque un tournant décisif dans les relations transfrontalières entre les deux pays, matérialisé par l’annonce de l’interconnexion définitive de leurs systèmes informatiques respectifs et le partage d’innovations technologiques majeures pour booster l’économie sous-régionale.

Le langage commun de la facilitation et de l’intégration
  
La séance de travail entre les deux administrations douanières s’est fixée des objectifs ambitieux axés sur deux piliers stratégiques : la facilitation du commerce légitime et l’optimisation de la mobilisation des recettes fiscales.

Face aux défis communs du corridor Douala-Ndjamena, les dirigeants ont su accorder leurs violons en levant immédiatement les barrières administratives et techniques. Se réjouissant de cette synergie, le Directeur Général des Douanes du Tchad, Ousmane Brahim Djouma, a tenu à souligner que « quand les douaniers se rencontrent, ils parlent le même langage. Nous échangeons, nous appelons très souvent, et nous trouvons des solutions en temps réel aux problèmes que nous rencontrons ».

De son côté, Edwin Fongod Nuvaga a donné des instructions séance tenante pour lever tous les blocages de Douala et Kribi jusqu’à la frontière de Koutéré, assurant avec optimisme que « si nous ne dépendions que des douanes, nous n’aurions plus de problème pour fluidifier le trafic ».

Le numérique au service de la sécurisation des recettes

Le grand bond en avant de cette mission réside dans le projet de maillage informatique via l’interconnexion définitive entre le système camerounais CAMSIS et le logiciel tchadien SIDONIA WOL. Cette passerelle technique offrira un échange instantané de données sur les cargaisons de marchandises et les véhicules en transit.

Pour Edwin Fongod Nuvaga, l’accent doit être mis sur la lutte contre les circuits informels. Il a rappelé l’urgence de boucher les zones de fuites car « certains opérateurs peu scrupuleux détournent des marchandises en transit vers les pays voisins pour les vendre au Cameroun. Cela crée une concurrence déloyale avec ceux qui importent légalement ».

De plus, les deux administrations collaborent étroitement pour croiser leurs données puisque, selon le patron des douanes camerounaises, « nous travaillons gratuitement en échangeant les informations de nos deux bases de données. La bonne nouvelle, c’est que pour communiquer, nous avons désormais une connexion directe avec nos collègues qui sont au Tchad ».

Le modèle technologique camerounais en exemple
 
Impressionnée par les réformes structurelles menées par l’administration camerounaise, la délégation tchadienne, venue avec son Directeur Informatique, s’est montrée particulièrement attentive aux outils numériques locaux.

Les échanges ont mis en lumière le mécanisme camerounais de taxation des téléphones portables et terminaux numériques, conçu pour endiguer la fraude douanière. Edwin Fongod Nuvaga a précisé à cet effet que « d’ici peu nous allons continuer les échanges pour voir dans quelle mesure répliquer ce système dans leur pays. Beaucoup de douanes en Afrique s’y intéressent déjà, mais comme ils sont venus les premiers, nous allons commencer avec eux ».

De même, l’application CAMSIS mobile permettra aux agents de contrôler en un clic le statut douanier des cargaisons, consolidant l’alliance d’une douane moderne, connectée et résolument tournée vers l’avenir.

Line TCHAKOUNTE