En plein cœur de la région de l’Est, le secteur de l’exploitation artisanale semi-mécanisée vit une véritable révolution structurelle. Entre fermeté absolue contre l’illégalité dans la Kadey et inspection rigoureuse de conformité à Bétaré-Oya, le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT) dessine les contours d'une nouvelle ère. Ce lundi 27 avril 2026 marque un point de non-retour pour les opérateurs : désormais, la richesse du sous-sol camerounais ne s’extraira plus au détriment de la loi, de l’environnement ou du fisc.


La fin de la récréation dans le département de la Kadey

L’annonce est tombée comme un couperet, portée par la voix du Pr Fuh Calistus Gentry : l’arrêt immédiat de toute exploitation illégale de l’or dans le département de la Kadey. Cette décision n’est pas qu’une simple injonction administrative, c'est une mesure de salubrité publique. Pendant trop longtemps, les veines aurifères de cette zone ont été la proie de réseaux clandestins, agissant dans l'ombre des régulations.

En stoppant net ces activités, le gouvernement s'attaque aux racines d'un mal profond : la dégradation sauvage des sols et la pollution mercurielle des cours d'eau qui empoisonnent l'avenir des communautés locales. Cette position ferme vise à restaurer l'autorité de l'État sur ses ressources stratégiques, transformant une zone de non-droit en un pôle de développement potentiel où chaque gramme d'or extrait devra désormais justifier de sa traçabilité.

L’offensive de Bétaré-Oya pour une mine responsable
 
Le déploiement sur le terrain ce 27 avril à Bétaré-Oya témoigne d'une volonté de passer de la parole aux actes.

Le Ministre ne se contente plus de rapports de bureaux ; il descend au fond des chantiers pour vérifier si les recommandations de restructuration sont réellement appliquées. L’enjeu de cette visite de travail est clair : l'assainissement total. Les opérateurs sont désormais passés au crible sur des points non négociables comme le respect des seuils minimaux de production.

L’objectif est d’éviter la thésaurisation des permis par des structures inactives et de s’assurer que l’État perçoive sa juste part via une fiscalité rigoureusement suivie. Cette traque à l'opacité financière est le socle sur lequel le MINMIDT entend bâtir une économie minière capable de soutenir durablement le PIB national.

L’innovation écologique du circuit fermé comme nouveau standard

Au-delà des chiffres et des taxes, la mutation du secteur se joue sur le terrain de la technologie et de l'éthique environnementale.

L'exigence de la mise en place d'un système de traitement à base clos constitue la pierre angulaire de cette visite ministérielle. Il ne s'agit plus seulement de creuser, mais de traiter l'or sans sacrifier les écosystèmes. Ce système de circuit fermé permet de recycler l'eau et de confiner les sédiments, évitant ainsi le déversement de boues toxiques dans la nature.

En imposant ces standards techniques élevés, le Cameroun aligne sa pratique minière sur les exigences internationales. C’est un signal fort envoyé aux investisseurs mondiaux : le secteur minier camerounais devient un terrain fertile pour des projets éthiques, durables et respectueux des droits des travailleurs.

Vers un label « Or du Cameroun » compétitif et souverain
  
Cette restructuration globale portée par le Pr Fuh Calistus Gentry prépare l'entrée du Cameroun dans une nouvelle dimension du marché mondial de l'or.

En assainissant le secteur artisanal semi-mécanisé, le pays se dote d'une crédibilité nouvelle qui pourrait, à terme, aboutir à une labellisation de sa production. Une mine propre, légale et fiscalement transparente est le meilleur argument pour attirer des partenaires de haut vol et garantir que l'or camerounais serve enfin de levier de croissance pour les générations futures. Le message envoyé depuis l'Est ce lundi est limpide : la richesse minérale est un patrimoine national qui exige de la part de ceux qui l'exploitent une exemplarité sans faille.


Line TCHAKOUNTE