Depuis son adhésion, le Cameroun a publié à date seize Rapports de Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives du Cameroun (ITIE) couvrant la période 2001–2022. Celui-ci, présenté ce 10 Décembre 2025 à Yaoundé au Cameroun constitue le 17ᵉ exercice, élaboré par le cabinet Enerteam, désigné
Administrateur Indépendant (AI) par le Comité ITIE, conformément à la Norme ITIE 2023.

Il ressort des données de ce document que, En 2023, la contribution du secteur extractif à l’économie camerounaise a reculé dans ses indicateurs majeurs : PIB(4,2 % contre 6,3% en 2022), recettes budgétaires (22% contre 25,5%) et exportations (32% contre 41%).

En revanche, une légère amélioration est observée au niveau de l’emploi (0,62 %) et des investissements (6,4 %). Le budget de l’État a capté 1 035,85 milliards FCFA (1 714,06 millions USD) de recettes issues du secteur extractif, contre 1 119,58 milliards FCFA en 2022. Cela correspond à une baisse de 7,5 %.


Ces recettes proviennent principalement du sous-secteur des hydrocarbures, qui à lui seul représente 95,3 % des revenus, malgré une baisse par rapport à 2022. Le transport pétrolier a connu une légère progression, tandis que les mines et carrières industrielles affichent une croissance notable, bien que leur part dans l’ensemble reste marginale.

Répartition des revenus budgétaires par secteur

Ces recettes proviennent principalement du sous-secteur des hydrocarbures, qui à lui seul représente 95,3 % des revenus, malgré une baisse par rapport à 2022.

Le transport pétrolier a connu une légère progression, tandis que les mines et carrières industrielles affichent une croissance notable, bien que leur part dans l’ensemble reste marginale.

Répartition revenus budgétaires par flux 

En 2023, les recettes non fiscales restent majoritaires dans les revenus du secteur extractif (65,6 %, soit 679,9 milliards FCFA), même si leur part recule par rapport à 2022. Ce recul s’explique surtout par la baisse des transferts directs de la SNH, partiellement compensée par la hausse des dividendes SNH et des droits de transit.

À l’inverse, les recettes fiscales progressent, atteignant 34,4 % du total (356milliards FCFA), tirées par l’IS pétrolier (+33,5%). Cette dynamique compense en partie le recul de la taxe spéciale sur 
les revenus et les droits de douane. Les redressements fiscaux et douaniers connaissent une forte hausse, traduisant un effort accru de recouvrement.

 

Répartition des revenus budgétaires par entreprise

En 2023, la Societe Nationale de hydrocarbures(SNH) reste de loin le principal contributeur au budget de l’État, avec près de 660 milliards FCFA, soit plus de 60 % des recettes extractives. Elle est suivie par PERENCO (RDR et CAM) et Addax Petroleum, qui apportent des montants significatifs, principalement à travers l’IS pétrolier et la taxe spéciale sur les revenus. Le secteur du transport pétrolier, à travers COTCO, génère environ 47 milliards FCFA, essentiellement via les droits de passage du pipeline.

La contribution du secteur minier demeure marginale (1,4 milliard FCFA), portée par quelques entreprises telles que Cimencam, Dangote et Razel.

L'économie "avance mais ne se maintient pas" : ce constat sévère appelle à une réforme profonde pour transformer les ressources extractives dont la part décline dans les recettes budgétaires et les exportations en un véritable levier de développement durable plutôt qu'en une source de vulnérabilité.

Line TCHAKOUNTE