Le 12 mai 2026, l’hôtel Hilton de Yaoundé a servi de cadre à la cérémonie de « Closing » présidée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, actant le transfert définitif des actifs du groupe financier français à l’État camerounais. Cette transaction d’envergure, estimée à 129 milliards de FCFA, consacre la naissance de la General Bank of Cameroon et marque une mutation profonde de l’architecture bancaire nationale, plaçant désormais ce fleuron institutionnel sous le sceau de la souveraineté économique.
L’aboutissement d’un dessein souverain face au retrait stratégique français
L’épilogue de cette fresque financière trouve sa genèse dans la réorientation structurelle amorcée par le Groupe Société Générale au tournant des années 2023 et 2024.
Soucieuse de recentrer ses activités sur les plaques européennes et asiatiques, la banque française avait entrepris un désengagement progressif de ses filiales africaines. Face à cette vacance annoncée, le gouvernement camerounais, sous l’impulsion d’une vision stratégique affirmée par Louis Paul Motaze, fit le choix de l’audace institutionnelle. Par une missive datée du 16 janvier 2025, le ministre signifiait formellement l’intention de l’État d’exercer son droit de préemption, écartant ainsi les prétentions d’acteurs privés pour se substituer en acquéreur exclusif.
Ce processus rigoureux a conduit, le 15 juillet 2025, à un accord de cession portant sur l’intégralité des 58,08 % de parts détenues par le groupe français, hissant ainsi la participation étatique à un niveau hégémonique de plus de 83 % du capital social.
Soucieuse de recentrer ses activités sur les plaques européennes et asiatiques, la banque française avait entrepris un désengagement progressif de ses filiales africaines. Face à cette vacance annoncée, le gouvernement camerounais, sous l’impulsion d’une vision stratégique affirmée par Louis Paul Motaze, fit le choix de l’audace institutionnelle. Par une missive datée du 16 janvier 2025, le ministre signifiait formellement l’intention de l’État d’exercer son droit de préemption, écartant ainsi les prétentions d’acteurs privés pour se substituer en acquéreur exclusif.
Ce processus rigoureux a conduit, le 15 juillet 2025, à un accord de cession portant sur l’intégralité des 58,08 % de parts détenues par le groupe français, hissant ainsi la participation étatique à un niveau hégémonique de plus de 83 % du capital social.
Une opération d’envergure sous l’égide de la rigueur réglementaire
Le dénouement de cette transaction, dont le coût global s’élève à 129 milliards de FCFA, a reçu l’onction décisive de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) au printemps 2026. Loin d’être une simple passation de pouvoir, ce rachat s’appuie sur des fondamentaux financiers d’une solidité remarquable.
Au 31 mars 2026, l’institution affichait des fonds propres nets s’élevant à 138 milliards de FCFA, assortis d’un ratio de solvabilité de 20,5 %, une performance excédant largement les exigences prudentielles communautaires. En prenant les rênes de cet établissement, l’État camerounais hérite d’un portefeuille de 250 000 clients et d’un héritage de plus de soixante années d’expertise, consolidant ainsi la résilience du système financier national au sein de la zone CEMAC.
Au 31 mars 2026, l’institution affichait des fonds propres nets s’élevant à 138 milliards de FCFA, assortis d’un ratio de solvabilité de 20,5 %, une performance excédant largement les exigences prudentielles communautaires. En prenant les rênes de cet établissement, l’État camerounais hérite d’un portefeuille de 250 000 clients et d’un héritage de plus de soixante années d’expertise, consolidant ainsi la résilience du système financier national au sein de la zone CEMAC.
La General Bank of Cameroon ou le renouveau d’une identité séculaire
La cérémonie solennelle du 12 mai a également servi de fonts baptismaux à la nouvelle dénomination de l’institution : la « General Bank of Cameroon ».
Ce changement d’identité clôt un chapitre de treize ans sous le label Société Générale Cameroun pour ouvrir une ère de gestion endogène. Le ministre des Finances a toutefois insisté sur l’instauration d’une période transitoire nécessaire à la migration harmonieuse des systèmes d’information. Cette phase de latence opérationnelle vise à garantir l’intégrité des données, la continuité immuable des services et la sécurité absolue des dépôts, tout en accompagnant le capital humain vers les nouveaux paradigmes organisationnels de la banque.
Ce changement d’identité clôt un chapitre de treize ans sous le label Société Générale Cameroun pour ouvrir une ère de gestion endogène. Le ministre des Finances a toutefois insisté sur l’instauration d’une période transitoire nécessaire à la migration harmonieuse des systèmes d’information. Cette phase de latence opérationnelle vise à garantir l’intégrité des données, la continuité immuable des services et la sécurité absolue des dépôts, tout en accompagnant le capital humain vers les nouveaux paradigmes organisationnels de la banque.
*Perspectives de partenariat et consolidation du tissu économique*
Si l’État s’impose aujourd’hui comme l’actionnaire de référence, l’horizon de la General Bank of Cameroon demeure ouvert à la synergie de capitaux. L’intérêt manifeste de groupes panafricains de premier plan, tels que BGFIBank, NSIA Bank et Zenith Bank, préfigure une possible ouverture ultérieure du capital à des partenaires stratégiques. Au-delà de la simple gestion bancaire, cette mutation s’inscrit dans la volonté gouvernementale de forger un outil financier moderne et inclusif, capable de soutenir avec vigueur la transformation structurelle de l’économie camerounaise et de relever les défis de l’émergence.
Line TCHAKOUNTE




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